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À la grande femme du Retord, des locaux reconnaissants

  • Delphine Arène (à droite) et sa famille dans le jardin familial
  • Delphine Arène (à droite) et sa famille dans le jardin familial
Il y a 130 ans, Delphine Arène naissait à Nantua. Parfois mal connue, la poétesse de Nantua, du Bugey et du plateau de Retord continue malgré tout de passionner quelques curieux. Dominique Ester est l’un d’eux, il réunit toutes les informations en sa possession et celles qu’on lui communique pour faire connaître la grande dame.

Il y a plus de 130 ans naissait la poétesse, la travailleuse, la journaliste, la conteuse, l’âme du Retord, Delphine Arène.

« Il est difficile de distinguer Delphine de sa famille », avance Dominique Ester, responsable du site web « www.ferme2retord.com ». Tout commence donc en 1853 lorsque qu’Auguste Arène, grand-père de Delphine Arène, lance le premier numéro de « L’Abeille du Bugey et du Pays de Gex » qui deviendra au fil du temps un hebdomadaire de référence pour l’actualité locale et nationale. Une aventure qui durera 91 ans. Delphine reprendra la publication et l’imprimerie en 1926, à la mort de son père, lui aussi journaliste, imprimeur et écrivain. Un destin tout tracé pour cette amoureuse des mots, de la nature et de son territoire. Tracé dès sa naissance le 22 avril 1886 à Nantua puisque Delphine Arène grandira rue Neuve, au-dessus de l’imprimerie au milieu de ses quatre frères. En plus de son travail journalistique auquel elle se consacre 7 jours sur 7, cette passionnée du terroir, de sa ville, du Bugey en passant par le plateau de Retord qu’elle affectionne tout particulièrement, écrira des chroniques régionales, des contes, des feuilletons et des poèmes. Participant à la valorisation du patrimoine régional, elle laisse, à sa mort en janvier 1975, de nombreux écrits.

Intertitre : Une place Delphine Arène ?

Et pourtant, nul n’est prophète en son pays et l’Œuvre fertile de cette apologiste de la région est parfois bien mal connue. Dominique Ester, généalogiste et passionné de l’Histoire du Retord a créé un site web contributif pour honorer la mémoire du terroir et donc de sa plus belle représentante, Delphine Arène. « Il y a environ 70 personnes qui me donnent des informations, je m’occupe de les vérifier et de les raconter à travers ce site. Trois points essentiels y sont abordés : le devoir de mémoire du maquis de l’Ain, souvent ignoré de l’Histoire, la désertification du plateau de Retord et comment favoriser une nouvelle dynamique, et enfin, Delphine Arène, qui fait partie de ces gens à ne pas ignorer », détaille-t-il.

« Delphine Arène, c’est une grande tante. Elle est incontournable et a participé à la vie économique, politique et artistique d’une microrégion. Elle fait partie de ces gens qui marquent profondément un territoire », continue Dominique Ester. Respect de la nature, ouverture sur le monde, défense et connaissance du territoire, Dominique Ester et ses contributeurs rejoignent bon nombre des valeurs de la poétesse et espèrent même qu’un jour, une place, un square ou une rue porte le nom de celle qui a porté aux plus hauts les richesses de la région.

Pour aller plus loin :

www.fermes2retord.com


Incipit de Mon Lac (1934), de Delphine Arène

« Le lac ! Il faut être né au bord de l’un d’eux pour savoir la place qu’il peut tenir dans la vie de ses riverains. Il a pour eux tant de séduction, il est l’objet de jeux, de tant de plaisirs, d’occupations si diverses que lorsque le destin emporte les lacustres loin de leur patrie, ces derniers gardent toujours la nostalgie de l’eau clapotante autour d’un bateau de pêcheur.

De celui qui m’a vue naître, je dirai d’abord la grâce ineffable quand les brumes légères de l’aurore flottent sur sa pâleur ; quand les pêcheurs immobiles sur nos légendaires tin-té-bin échangent des lazzis que n’aurait pas dédaigné Homère pour en fleurir l’Illiade. Je dirai toute sa vie active, à mesure que le soleil monte, après avoir bondi sur la Roche Merveilleuse ; l’éveil de ses familiers, de la libellule au martin-pêcheur, de la fauvette des roseaux, dans son nid balancé par les vagues, au bécasseau joli comme un jouet mécanique quand il s’essaie à nager loin du bord. Je n’oublierai pas les belles prouesses sportives au temps des fêtes nautiques et le doux nonchaloir, après le bain, quand les touristes affluent dans notre vallée. »


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