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Ces drôles d’animaux qui peuplent l’Ain


NATURE – Une biodiversité importante est le signe d’un espace encore naturel et protégé. Avec 209 espèces de vertébrés recensés, la Haute chaîne du Jura peut s’enorgueillir d’un territoire préservé. Grand tétras, lynx, chouette, pyrale du buis… Ils peuplent nos territoires pour notre plus grande fierté. Ou non. Rencontre avec cette faune qui apprécie et s’acclimate des montagnes jurassiennes mais aussi des zones urbaines.

Un territoire à partager



Le grand tétras, une espèce à protéger



Le grand tétras et la gélinotte des bois sont des espèces emblématiques du massif du Jura et du Haut-Bugey. Issus de la famille des tétraonidés, elles bénéficient de mesures de conservation spéciales pour leurs habitats afin de garantir leur reproduction et leur survie. Il faut dire que le grand tétras est une espèce à haute valeur patrimoniale et aux exigences écologiques stricte. Sa présence faisant donc foi d’une nature préservée et d’une biodiversité encore abondante.



Le 23 juin 2014, le Conseil départemental de l’Ain lançait un plan départemental d’actions en faveur du grand tétras et de la gélinotte des bois pour la période 2014-2017. Amélioration des connaissances, cartographie, gestion et restauration des habitats favorables, formation des professionnels du bois et du tourisme et sensibilisation des différents usagers du territoire, au total, 22 actions de préservation furent prévues.



Crottes, plumes, œufs… la Réserve naturelle nationale de la Haute chaîne du Jura, avec l’appui de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, avait pour mission d’évaluer les effectifs de population mais aussi leurs habitudes. Deux ans plus tard, 380 échantillons ont été collectés, permettant l’identification de 40 grand tétras différents : 23 mâles, 13 femelles et 4 individus de sexe indéterminés.



Rarement observé et très discret, le grand tétras est un animal fragile, sa mortalité liée au stress et à la dépense d’énergie pour s’envoler en hiver, ses échecs d’accouplement, ses abandons du nid durant la couvaison ont forcé les autorités à prendre de nouvelles mesures pour le préserver. Ainsi, les randonneurs hivernaux ont dû croiser des balises empêchant l’accès de certains sentiers de la Réserve naturelle. Ces zones de quiétude n’ont qu’un seul objectif : aider le grand tétras à se sentir toujours aussi bien sur la Haute chaîne du Jura.



Le saviez-vous ? 

Il existe deux sous-espèces de tétras en France. Le « Tetrao urogallus major » dans les Vosges

et le Jura et le « Tetrao urogallus aquitanicus » dans les Pyrénées.



La pyrale du buis, une espèce envahissante



Celle-ci, on s’en passerait volontiers. Originaire d’Asie, la pyrale du buis, espèce envahissante a été introduite accidentellement en France en 2008. Commençant ses ravages en Alsace, puis sur l’ensemble du pays, c’est en 2016 qu’elle fait son apparition dans le Bas-Bugey. Il lui aura fallu un an pour se répandre au nord et à l’est du département, n’hésitant pas à s’approcher des zones urbanisées. Ainsi, même la capitale burgienne en a fait les frais cet été.



Alors que sa chenille s’attaque au feuillage du buis, ainsi qu’aux écorces des rameaux et du tronc, elle occasionne d’importants dégâts dans les parcs et jardins, et dans les milieux naturels dans lesquels elle s’est fortement multipliée. Et les conséquences sont nombreuses. En provoquant la destruction du buis, celui-ci ne remplit plus son rôle de défense face aux érosions et glissements de terrains, il ne peut également plus accueillir d’autres espèces. De plus, en asséchant la végétation, la pyrale la fragilise et la rend plus vulnérable aux chaleurs et aux incendies estivaux. Alors, plus qu’une menace pour la biodiversité, la voracité de la pyrale du buis représente aussi un risque pour la sécurité, sans compter la dangerosité pour les automobilistes due à la mauvaise visibilité lorsque les papillons envahissent les rues éclairées la nuit.



« Un traitement global est impossible à mettre en place dans les massifs forestiers, compte tenu des contraintes techniques, économiques et environnementales », avait prévenu la préfecture de l’Ain dès le début de l’été. Il faut dire qu’il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement miracle, celui à base de bacillus thuringiensis ou l’installation de pièges à phéromones n’ayant pas donné des résultats radicaux.



Des tests seraient actuellement en cours pour trouver des prédateurs à la pyrale du buis, notamment sur des trichogrammes qui seraient capables de dévorer les fameux œufs. Des résultats très attendus pour le printemps prochain.



Le saviez-vous ? 

Les régions françaises les plus touchées par la pyrale du buis sont l’Ile-de-France, l’Alsace, la périphérie de Bordeaux, la vallée du Rhône (Savoie, Ain, Isère, Ardèche, Drôme), et les Pays de la Loire.



La chevêchette d’Europe, une espèce miniature



Et si Disney s’en était inspiré pour créer le compagnon de Merlin l’enchanteur, Archimède ? Aussi mignonne que son nom, la chevêchette d’Europe se plait dans l’Ain. En effet, la plus petite chouette d’Europe niche dans les Alpes, le Jura et les Vosges, généralement au-dessus de 1000 mètres d’altitude. Pourtant discrète et plutôt rare, elle est du genre sédentaire. Son critère de logement ? La présence de ses proies favorites : les petits rongeurs et les passereaux. Ce petit rapace nocturne est facilement reconnaissable par sa petite taille, sa couleur brune-marron et sa blancheur dès la base du cou. Alors que sa tête est ronde, elle ne possède pas d’aigrettes.

Non menacée, la chevêchette d’Europe coule des nuits paisibles en Rhône-Alpes, à condition que son habitat, bien souvent un nid dans la cavité d’un arbre, ne soit pas menacé par l’exploitation forestière, synonyme de l’implantation de la chouette hulotte, son prédateur le plus redoutable.



Le saviez-vous ?

Parmi les rapaces des montagnes jurassiennes, le plus majestueux est parfois de sortie : l’aigle royal.
En effet, alors que la métropole française en compte plus de 400 couples, l’animal majestueux se plaît

dans les Alpes. Cependant, en 2016, la Ligue de protection des oiseaux recensait 3 couples de l’animal

entre le pays de Gex et Bellegarde-sur-Valserine.



Le loup, une espèce qui dérange



Le loup ne s’établit pas dans l’Ain. Cependant, lorsque qu’il cherche à passer des Alpes au Jura, il empreinte ses sentiers. Depuis des années, des traces de son passage ont été observées, notamment dans le pays de Gex. Selon les observatoires du loup, le canidé aurait été observé au moins une fois ces trois dernières années à Mijoux, Gex, Péron et Prévessin-Moëns.



Mais pas seulement. En 2014, un cadavre de ce canidé était retrouvé à Cerdon. Selon les restes de ce dernier, sa mort ne laissait nul doute quant à un acte de braconnage alors que le loup se situait dans un couloir habituel de migration. Une situation délicate, renforcée par le dernier arrêté interministériel fixant « le nombre maximum de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018 ». Quarante loups pourront être abattus, soit quatre de plus que l’an dernier.



Le saviez-vous ?

En revanche, le lynx boréal, réintroduit dans les années 70, aime le Jura !

Ils seraient entre 50 et 60 dans les forêts du Bugey. Pas étonnant d’en croiser de temps en temps…


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