Hebdo 01 - Pays de Gex - Bellegarde Hebdo 01 sur Facebook Flux RSS


La guerre de 14-18 fut le premier affrontement d’un XXème siècle particulièrement meurtrier.


Le 11 novembre prochain sera fêté le centenaire de la fin de la guerre de 14-18. Un anniversaire pour rendre hommage aux 1,4 millions de morts côté français. Guerre totale, ce conflit a laissé exsangues les principaux antagonistes, la France et l’Allemagne. Il a fallu une génération pour tout reconstruire. Pourtant la leçon ne fut pas retenue…

Centenaire de la guerre de 14-18



La guerre de 14-18 a concerné tous les continents, ce qui explique qu’on la nomme première guerre mondiale ou grande guerre. En France, une petite partie du territoire, dix départements, a été le théâtre des opérations militaires qui ont duré 4 longues années. Les combats acharnés, les bombardements incessants ont laissé derrière eux un paysage de ruines et de désolation dans lequel reposent encore des milliers de soldats des deux camps. Pourtant, en ce 2 août 1914, ils étaient partis la fleur au fusil : « t’inquiète pas ma chérie, je serai de retour pour les vendanges, au plus tard à Noël ». Tragique utopie, peu sont revenus. Les mouvements pacifistes, proches de l’internationale socialiste, avaient vainement essayé d’alerter sur les conséquences dramatiques du conflit qui s’annonçait. Le désir de revanche était le plus fort, et il fallait reprendre l’Alsace et la Lorraine. Avec le recul, il est symptomatique de constater que, dans les deux camps, on s’est senti assailli par l’autre. Toutes les conditions étaient réunies pour ce massacre de masse, qui ruinera les économies européennes, cédant ainsi la place au géant américain. La hiérarchie militaire française, trop sûre d’elle, accumulera en toute impunité les erreurs qui éliminèrent toute une génération d’hommes, fils, maris et pères. Bien sûr la victoire fut belle, récompensant tous les sacrifices de la population. Mais Dieu que le prix à payer fut lourd ! Personne, ou presque, ne comprit alors que ce conflit qui s’achevait portait en lui les germes d’un drame plus violent encore, et que les mesures imposées au vaincu serviraient de prétexte pour rallumer un brasier qui dévastera le monde 20 ans plus tard. Savoir gagner, c’est d’abord respecter le perdant.



Des femmes tout aussi héroïques



Les hommes partis au front, il fallait bien que le reste de la population prenne leur place aux champs, dans les usines, les administrations. Dans l’Ain comme ailleurs, les femmes n’ont pas failli. Pourtant, leurs tâches sont devenues sérieusement compliquées. Les réquisitions avaient vidé les campagnes des chevaux de trait, et la mécanisation des outils n’interviendra qu’après la guerre. Le ravitaillement d’une armée de plusieurs millions d’hommes entraîne une pénurie de produits alimentaires à l’arrière. Les récoltes suffisent pourtant à peine à nourrir la population. Alors, les restrictions et la taxation de certains produits épuisent les civils qui ne savent où donner de la tête face à la pénurie de main d’œuvre. De plus, la solidarité nationale doit être mise en œuvre avec l’accueil des réfugiés des zones occupées. L’Ain accueillera plusieurs milliers d’habitants de la région de Belfort. Les familles, sollicitées pour loger ces expatriés, sont souvent dans des situations précaires. Cet esprit patriotique sera aussi réclamé lors du retour des blessés. Les hôpitaux civils et militaires recrutent inlassablement des infirmières. De nombreuses œuvres caritatives voient le jour. Religieuses, enseignants, cheminots, …, toutes les composantes de la société s’engagent pour apporter leur contribution à l’effort de guerre. Il fallait tout ça ! Signe peut-être que la période était maudite, sitôt la guerre terminée, une pandémie de la grippe espagnole a tué plus de 20 millions de personnes de par le monde. Ce fut le plus grand holocauste médical de l’histoire.

Dossier réalisé par Gérard Beaufort. Remerciements à l’ONAC de l’Ain, à Rémi Riche et Luc Vogel, aux Archives départementales de l’Ain et au site de Patrimoine[s] de l’Ain.



Une association œuvre pour le devoir de mémoire à Ceyzériat.



« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». Jean-Marc Gau, le président des « Passeurs de mémoire » de Ceyzériat paraphrase Winston Churchill pour illustrer le pourquoi de la création de cette toute jeune association. Elle fédère en son sein la FNACA et les Anciens combattants et victimes de guerre. Passeurs de mémoire est un mouvement national, mais dans l’Ain, il existe peu de relais locaux. Transmettre la mémoire des conflits passés, c’est mettre en relief les éléments déclencheurs, le racisme, l’antisémitisme, le nationalisme exacerbé. C’est aussi promouvoir les valeurs qui concourent à une paix durable, la solidarité, la tolérance, l’amitié entre les peuples. Passeurs de mémoire, c’est surtout faire sortir du néant ces histoires d’hommes et de femmes, combattants ou simples civils, qui ont vécu les périodes difficiles des guerres. Alors, les membres de l’association, dont une collégienne et un lycéen, essaient de mobiliser autour d’eux. « On aimerait mieux se faire connaître, fédérer un peu plus. L’appel est lancé auprès des habitants de Ceyzériat et des environs. On voudrait que tous ceux qui ont connaissance d’épisodes de vie de membres de leur famille durant ces périodes, qui possèdent des objets d’époque, des documents, des cartes postales, des médailles, nous contactent. On va aussi organiser des sorties sur des hauts lieux de mémoire ».Enseignant à l’école de Ceyzériat, Jean-Marc Gau a contribué à la création d’une pièce de théâtre qui raconte la vie de 2 familles locales durant la grande guerre. Elle sera jouée par les enfants de l’école le 10 novembre au centre festif.


Twitshot
Commentaires

Pas de commentaire


Petites annonces


Les journaux partenaires

© 2013-2018 Hebdo 01 - Pays de Gex - Bellegarde • Tous droits réservés • Réalisation : Jordel Médias
Plan du siteMentions légales