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Le monument aux morts, une œuvre au service du souvenir.

  • Monument aux morts d’Hautecourt
  • Monument aux morts d’Hautecourt
  • Monument aux morts d’Oyonnax
  • Monument aux morts de Bourg-en-Bresse
Il est là, vigie imperturbable, se dressant fièrement au cœur du village. Il est le lieu de rassemblements annuels où la population vient rendre hommage à ceux qui sont «tombés pour la France». Témoin d’un passé sanglant, le monument aux morts regarde l’avenir en adressant un message aux jeunes générations.

Centenaire de la guerre de 14-18



1.4 millions de morts, côté français, durant la guerre de 14-18 : le XXème siècle a commencé avec la mort de masse. Pas une commune, pas une famille n’a été épargnée par la perte d’un des siens. Guère étonnant donc que partout naissent des initiatives, bien avant la fin du conflit, pour l’érection d’un monument aux morts communal. Le sujet devient national dès 1918, en même temps que s’exprime la volonté de fixer solennellement un jour du souvenir. C’est motif à discorde entre les anciens combattants qui voulaient rendre hommage aux tués et célébrer la paix, et le gouvernement qui désirait qu’on glorifie également la république qui avait su rester debout au milieu du chaos. Le mouvement est lancé, irréversible. Le 11 novembre deviendra férié en 1922 et la construction de monuments aux morts s’intensifie. Chaque commune fait en fonction du budget dont elle dispose. Des souscriptions sont lancées, des donations viennent en complément. Les catalogues spécialisés permettent d’individualiser chaque création, et les sculpteurs locaux sont mis à contribution. On est alors persuadé que c’était « la der des ders », et le monument se veut aussi parfois l’ultime trace d’un passé qu’on croit révolu. Hélas !



Plus de 13 500 morts répertoriés dans l’Ain



Le monument aux morts fait tellement partie du paysage communal qu’il devient souvent invisible aux yeux de la population locale. Le détailler est pourtant source de découvertes intéressantes. Rémi Riche, historien et auteur de l’ouvrage « L’Ain 1910-1925 » a parcouru le département en vélo pour faire le recensement complet de ces sentinelles de pierre. Il peut témoigner de leur extrême variété. Les plus modestes sont de simples colonnes ou de petits obélisques, parfois surmontés d’un poilu en uniforme, ou d’une femme, mère ou épouse affligée. Les plus imposants, dans les grandes villes, sont de véritables sanctuaires dans lesquels on peut retrouver des statues immortalisant des scènes de guerre, et moult décorations. Parmi celles-ci, des branches ou couronnes de lauriers, des croix, chrétiennes ou militaires. Les chaînes qui enserraient le monument ont pratiquement toutes disparu, désacralisant un espace désormais public. Les noms des soldats tués sont, la plupart du temps, classés par ordre alphabétique, et regroupés par année ; des noms qui sont autant d’histoires de vie brutalement interrompue. Rarement le grade est indiqué. A Montcet, on trouve le nom du champ de bataille fatal. Les termes «héros», «enfants», «liberté», sont fréquemment usités, pour sublimer plus encore le sens du sacrifice. De rares monuments se veulent ouvertement pacifistes, comme à Pont-de-Vaux, mettant en cause le principe même de la guerre et glorifiant la paix. Une paix toujours fragile que les générations futures devront préserver. La connaissance du passé pourrait les y aider.



« étoile Vermeil », un roman historique.



Le dimanche 10 août 1919, le régiment du 23ème R.I. est de retour à Bourg-en-Bresse, sa ville de garnison. Célestin est là parmi l’immense foule qui accueille et acclame les survivants de la grande guerre. Il regarde passer ses frères d’arme, ses compagnons d’infortune, ou du moins ce qu’il en reste. On devine aux premières lignes du roman que Célestin, soldat durant le conflit, a vécu les pires situations sur le front et en garde de profondes cicatrices intérieures. Avec son copain Tonin, ils semblent avoir, non sans raisons, un certain ressentiment contre la hiérarchie militaire. Pour s’en assurer, il faudra être patient. Car « étoile Vermeil » paraît, à raison de 2 pages par jour, sur la page Facebook « Bourg Ain Grande Guerre » et sur celle de son auteur Luc Vogel. Ce dernier a collaboré avec le journal « Voix de l’Ain » de 2014 à 2015, pour le début du centenaire, en publiant un feuilleton « C’était il y a 100 ans ». Alors, pour Luc, « écrire un roman était la suite logique. J’ai une passion pour l’histoire. Je me souviens qu’enfant, j’allais souvent dans la bibliothèque de mes parents lire un livre sur la bataille de la Marne, avec des photos et des dessins. Et j’aime écrire. J’avais le lieu, les situations, il suffisait d’inventer des personnages. Il s’agit bien d’un roman ». Luc Vogel se défend d’être un historien. Pourtant son travail méticuleux relève bien de cette profession. Durant le temps de la publication du roman, de 3 à 4 mois, il suspend la parution d’une fiche quotidienne sur un soldat tué durant la guerre de 14-18. « Sur les monuments aux morts, on a des noms, mais on ne sait rien des personnes ». Cela lui a demandé de longues recherches pour retrouver les éléments qui permettent de sortir de l’oubli tous ces combattants sacrifiés.



Des obligations légales



- Loi du 28 février 2012 : « Lorsque la mention « Mort pour la France» a été portée sur son acte de décès,…, l’inscription du nom du défunt sur le monument aux morts de sa commune de naissance ou de dernière domiciliation … est obligatoire ».

- « Le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la Paix, il est rendu hommage à tous les morts pour la France».


La Suisse terre d’accueil et d’échanges, un épisode méconnu

Durant le mois d’octobre 1914, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) se met en relation avec les gouvernements allemand et français en vue de l’échange, par l’intermédiaire de la Confédération helvétique, des prisonniers dits «grands blessés», dont la mortalité est alors énorme. En février 1915, un accord humanitaire d’échange est signé entre l’Allemagne et la France. Les transports, confiés à la Croix-Rouge suisse, commencent le 2 mars 1915. De cette date à novembre 1916, 2 343 allemands et 8 668 grands blessés français sont échangés via la Suisse. Les trains de grands blessés en route pour Lyon, centre de rassemblement, s’arrêtent en gare de Bellegarde et d’Ambérieu, où ils reçoivent colis, fleurs et réconfort.



à cela s’ajoute le rapatriement, via le territoire helvétique, de la population expulsée des territoires français occupés, appelée «les bouches inutiles». Après la traversée de la Suisse en train, les réfugiés arrivent à Genève et regagnent la France via la Haute-Savoie et l’Ain, avant répartition.



Le système d’échange des grands blessés s’arrête en 1916 et est remplacé par l’internement. Il s’agit d’accueillir des prisonniers de chaque camp, relevant de catégories médicales définies à l’avance (12 en moyenne). Le choix des internés est effectué dans les camps de prisonniers de guerre, par des commissions médicales de pays neutres. La France et l’Allemagne doivent régler tous les frais d’internement à la Confédération Helvétique : 4 francs par soldat et 6 francs par officier, par jour. Les conditions d’internement en Suisse sont très strictes au début puis s’adoucissent au fil du temps, bien loin de toutes façons de la vie dans les camps de prisonniers allemands. Les internés sont logés assez souvent dans des hôtels ou des pensions. Une période bienvenue après des années de galère. De 1916 au 11 novembre 1918, 67 726 internés, militaires et civils, ont été accueillis en Suisse, dont 37 515 Français, 4 326 Belges et 4 081 Anglais.


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